Le Meilleur d'Avignon

Afin de préparer au mieux cet évènement incontournable de la scène théâtrale, nous vous proposons de redécouvrir des pièces qui ont marqué la Cité des papes. Car revoir Juliette Binoche, Pierre Arditi, ou Marie-Sophie Ferdane dans la mythique Cour d’Honneur, cela n’a pas de prix...

Clôture de l'amour
  • VERTIGES DU DESAMOUR - Depuis son triomphe à Avignon en 2011, l'œuvre pour deux acteurs de Pascal Rambert est devenue l’une des pièces françaises contemporaines les plus jouées à l’étranger. C'est un affrontement, un duel, une confrontation sans merci ; un spectacle qui parle de choses essentielles et fondamentales, porté par le verbe puissant, complexe, intelligent de l'écriture torrentielle de Pascal Rambert. Quant aux deux comédiens, ils sont magnifiques et rayonnants d’intensité, d’humanité et de précision, chacun dans leur registre, portant des mots cruels et impudiques, qui semblent issus du plus profond d’eux-mêmes. Sans pathos, mais avec quelques pointes d’humour ravageur, la représentation fascine et bouleverse. Un des sommets du répertoire contemporain. On en ressort suffocant, hagard, hébété et heureux.
L'Acte inconnu
  • LE RÊVE D'UN POÈTE. Dramaturge, metteur en scène, écrivain, peintre, photographe… Valère Novarina (né en 1942) est un artiste contemporain hors norme, prolifique et inclassable. Le langage et sa déconstruction, la place de l’homme dans le monde, et la mise en abyme du théâtre lui-même sont autant de thématiques qui parcourent son œuvre. Ses puissantes réflexions métaphysiques et philosophiques pourraient paraître effrayantes, mais c’est bien le plaisir absolu du jeu qui ressort dans L’Acte Inconnu. Une création spécialement écrite pour la Cour d’honneur du Palais des papes, faisant suite à une proposition du Festival d’Avignon. Tâche ardue que de résumer cette comédie unique aux quatre actes et 76 personnages : le mieux reste de s’y plonger et de savourer les comédiens prodigieux (Dominique Pinon, Véronique Vella, Agnès Sourdillon…) qui sont le cœur battant de cette folle aventure poétique.
DÄMON - El funeral de Bergman
  • UN ADIEU EPOUSTOUFLANT. Angélica Liddell, artiste géniale et fantasque, a consacré sa dernière création au grand cinéaste Ingmar Bergman, dont l’œuvre comme ses rapports compliqués avec les journalistes l’ont toujours inspirés. Mais son règlement de comptes avec la presse n’est pas le sujet du spectacle. L’hommage à Bergman, la messe de ses funérailles revisitée sur scène est surtout le prétexte à confier sa peur de la mort et de la décrépitude. Dans une suite de tableaux très expressionnistes, elle défonce les remparts de l’humanité contre sa propre monstruosité, mettant à jour tout ce qu’elle a de plus cru et de sordide. Micro en main, elle occupe toute la scène, hurlant ce que personne n’ose dire, pas même dans ses pires fantasmes. Certes, on est malmené, mais dans cette course contre la mort, il y a surtout une célébration du vivant.