Molière - Les 400 ans

2022 marque les 400 ans de la naissance de Molière, né le 15 janvier 1622 à Paris (pour les curieux ou les idolâtres, voir l'inscription sur la façade du 31 rue du Pont-Neuf). Créateur d'une trentaine de comédies en vers et en prose, le prolifique et célèbre dramaturge traverse les époques et reste une référence de la littérature et de la langue française. Ne dit-on pas d'ailleurs "la langue de Molière" ? Une chose est certaine, que l’on soit dans un respect historique ou dans une transposition, Molière résiste à tout et mieux que cela, il nous fournit une matière inépuisable pour interroger les comportements humains, immuables.

Les femmes savantes
  • UNE PIECE D'AVANT-GARDE : Longtemps considérée comme une critique de l’émancipation des femmes, Les Femmes savantes de Molière est en réalité une dénonciation de tous les comportements excessifs y compris lorsqu’ils servent une juste cause. C’est ce que démontre avec une grande finesse la mise en scène de Béatrice Agenin. Magnifique comédienne -elle joue le rôle d’Armande-, brillante metteuse en scène, elle sait utiliser le texte de Molière et le faire entendre avec intelligence. Encensée par toutes les critiques, cette version très classique est d’une étonnante modernité.
Dom Juan
  • MYTHIQUE - Ce téléfilm en noir et blanc est diffusé sur la première chaîne française le 6 novembre 1965. Il demeure sans doute l’adaptation la plus connue du Dom Juan de Molière. Le réalisateur Marcel Bluwal a cherché, au travers de son téléfilm, à révéler l’intemporalité de la pièce. Il laisse en effet de côté la reconstitution d’époque ; les acteurs jouent sans perruques et les décors n’ont rien du baroque des châteaux du temps de Molière. Au contraire, les intérieurs apparaissent étonnamment spartiates. Mais c’est davantage sur l’itinéraire du Dom Juan de Molière, sa quête personnelle, qu’insiste Marcel Bluwal. Il n’hésite d’ailleurs pas à glisser dans le film une référence au Don Quichotte de Cervantès. Le mythe de la séduction qu'évoque habituellement Dom Juan s’efface derrière le récit d’un homme affranchi de la crainte de Dieu et résolu à affronter son destin. Des scènes de courses à cheval viennent en contrepoint souligner l’assurance du personnage et mettre en valeur, non sans un brin de lyrisme, la liberté qu’il incarne.